Ces dernières années, le Service d’information du DAAD France reçoit de plus en plus souvent de jeunes Français désirant partir étudier en Allemagne dès l’obtention de leur baccalauréat. Si le cadre européen encourage la mobilité des jeunes, il convient néanmoins de prêter attention à la bonne préparation du projet.

Tout d’abord, on constate que l’accès aux études en Allemagne est relativement facile d’un point de vue administratif : Le baccalauréat français est reconnu. Peu importe la série du bac – général, technologique ou professionnel – le bachelier peut accéder à tous les cursus et à toutes les matières. Il postule sous les mêmes conditions que son homologue allemand, titulaire de l’Abitur, et, par conséquent, il est soumis à la même sélection, car à peu près la moitié des cursus du premier cycle est ont soumise à un numerus clausus (NC).

La seule différence, pourtant importante, entre un candidat français et un candidat allemand, c’est que le titulaire du bac français doit démontrer qu’il possède bien les connaissances d’allemand suffisantes en fonction du cursus qu’il souhaite intégrer. Sauf circonstances particulières (titulaires du Goethe-Zertifikat C2, du certificat telc Deutsch C1 Hochschule ou du Deutsches Sprachdiplom der Kultusministerkonferenz / DSD, niveau II), on lui demande de passer le TestDaf, un test d’évaluation linguistique en vue de la poursuite des études supérieures en Allemagne. Les établissements d’enseignement supérieur allemand prêtent une grande importance aux résultats de ce test car il a comme objectif d’éviter qu’un candidat ne se lance dans un projet voué à l’échec. Un résultat suffisant porte en lui le message encourageant que rien n’empêchera le bon déroulement du parcours en Allemagne !

En ce qui concerne l’organisation du système universitaire allemand, l’on trouve sensiblement le même schéma qu'en France, et d’ailleurs dans l’ensemble de l’Espace européen de l’enseignement supérieur. On distingue trois cycles d’études, à savoir Bachelor, Master et Promotion, qui correspondent au système « LMD » français. Les règles européennes, complétées par un certain nombre d’accords gouvernementaux franco-allemands, assurent la reconnaissance mutuelle des études et des diplômes et permettent ainsi une mobilité entre nos deux pays. Un étudiant ayant décidé de débuter ses études en Allemagne pourra ainsi toujours revenir en France pour poursuivre ses études ou pour travailler avec le diplôme obtenu outre-Rhin.

Quant aux motivations des jeunes ou de leurs parents, elles sont multiples et variées : Certains cherchent à intégrer d’excellents établissements sans forcément devoir passer par une classe prépa, parfois ressentie comme à la fois très dure et trop peu concrète. Cela est souvent le cas des candidats pour les cursus en sciences de l’ingénieur. Le système allemand ne connaissant pas d’écoles d’ingénieurs, cette discipline est enseignée selon le schéma classique débutant avec le cycle de Bachelor. Que ce soit la construction automobile, la mécanique ou l’ingénierie civile, le cursus allemand traite dès le premier semestre des matières spécifiques et l’étudiant pourra s’épanouir selon ses intérêts.

D’autres élèves, un bac avec mention très bien en poche, souhaitent se lancer dans un cursus de médecine en évitant le PACES et son fameux concours. Outre la note du bac, critère principal pour l’attribution d’une place, certaines facultés de médecine pratiquent un test d’aptitudes aux études médicales qui offre une option supplémentaire d’admission en 1ère année.

La possibilité offerte par maintes facultés allemandes, notamment en sciences humaines et sociales, d’étudier parallèlement deux ou trois matières choisies à la carte (Zwei-Fach-Bachelor, Drei-Fach-Bachelor ; p. ex. histoire et sociologie, ou sciences politiques, anglais et sciences économiques) peut séduire des personnes avec un profil d’intérêts plus diversifié.

La recherche est le domaine de prédilection des universités où elle est pratiquée en association étroite avec les activités d’enseignement. Ici, l’autonomie et la curiosité intellectuelle demandées à l’étudiant sont à la fois un défi et une chance pour celui qui cherche la liberté pour mener à bien ses études. Le point fort des Fachhochschulen est, quant à lui, un enseignement tourné vers la pratique et vers l’application du savoir pendant les stages souvent obligatoires.

Faire ses études en Allemagne contribue à développer un profil international dès le départ. Cette expérience offre une perspective qui va au-delà du cadre franco-allemand. Comme souvent, le secret de la réussite réside dans la motivation et la bonne préparation.

Pour cela, le Service d’information et de documentation du DAAD France reçoit dans ses locaux, sur rendez-vous, de jeunes bacheliers et leurs parents, mais également leurs professeurs et conseillers d’orientation pour donner une information personnalisée. La visite de groupes d'élèves peut également être organisée. Le site Internet www.daad-france.fr offre des renseignements très détaillés sur tous les aspects à considérer pour un séjour en Allemagne ; de nombreux documents peuvent être téléchargés depuis ce site, entre autres une présentation PowerPoint sur les études en Allemagne à l’intention de professeurs et de leurs élèves.

Kilian Quenstedt, responsable du Service d’information et de documentation du DAAD France

Cet article est paru dans le Nouveau bulletin de l'Association pour le développement de l'enseignement de l'allemand en France (ADEAF), no. 140 (mai 2019) et a été publié sur le site web de l'ADEAF.