« Les échanges dans le domaine de l’enseignement et de la recherche sont une contribution essentielle à l’amitié franco-allemande » | „Der Austausch im Bereich Bildung und Forschung ist wichtig für die deutsch-französische Freundschaft" (Anne-Marie Descôtes)

Anne-Marie Descôtes, ambassadrice de France en Allemagne et ancienne boursière du DAAD, a bien voulu nous accorder une interview exclusive dans laquelle elle revient sur l’importance des élections européennes au mois de mai et sur l’avenir des échanges universitaires en Europe.

  • Die deutsche Fassung des Interviews befindet sich hier, unter dem französischen Text.

Au mois de janvier 2019, la France et l’Allemagne ont signé le « Traité d’Aix-la-Chapelle ». Dans quel esprit avez-vous accompagné cet évènement ?

Le traité d’Aix-la-Chapelle est un traité d’amitié et de coopération franco-allemand. Il s’inscrit dans la continuité du traité de l’Élysée signé en 1963, véritable pierre angulaire de la réconciliation franco-allemande et d’un rapprochement auquel nous devons continuer d’œuvrer aujourd’hui.

Le traité d’Aix-la-Chapelle adapte notre partenariat aux défis du XXIème siècle et met ce dernier au service de l’approfondissement de l’intégration européenne. En effet, plutôt que de se limiter à un dialogue exclusif entre Paris et Berlin, il élargit le cadre permettant de soutenir le projet européen. Le traité d’Aix-la-Chapelle repose non seulement sur les principes mêmes qui ont forgé la relation entre la France et l’Allemagne, mais également sur des projets concrets. Il traduit la volonté de nos deux pays de façonner l’avenir en commun, un défi que nous entendons relever avec enthousiasme et énergie.

Quelles perspectives nouvelles ouvre le traité pour les deux pays ?

Le traité d’Aix-la-Chapelle met à notre disposition de nouveaux instruments et de nouvelles instances qui permettent notamment, au niveau de l’exécutif, d’envisager la coopération transfrontalière sous un angle nouveau ou de renforcer le rôle de la société civile. En outre, l’Assemblée nationale et le Bundestag ont signé un accord interparlementaire portant création d’une assemblée parlementaire franco-allemande. C’est là quelque chose de véritablement nouveau qui traduit la volonté du pouvoir législatif de s’investir lui aussi pleinement.

Ce traité doit permettre d’œuvrer au rapprochement des cadres juridiques, des économies, des sociétés et en particulier des sociétés civiles de nos deux pays et de favoriser ainsi une coopération plus étroite au niveau européen, de sorte que ce partenariat refondé serve mieux l’Europe.

Parallèlement au traité d’Aix-la-Chapelle, 15 projets concrets ont été identifiés ayant vocation à être mis en œuvre au plus vite, de l’ouverture de lignes ferroviaires transfrontalières au renforcement de l’apprentissage de la langue du partenaire, en passant par une reconnaissance accrue des diplômes.

Car la refondation de l’Europe ne peut être le seul fait des gouvernements et des chefs d’État. Elle passe aussi par le soutien des Européens eux-mêmes. Cela explique la dimension majeure que le traité d’Aix-la-Chapelle consacre au rôle de la société civile et au renforcement des différentes possibilités de participation citoyenne dans nos deux pays.

Les échanges dans le domaine de l’enseignement et de la recherche ont toujours joué un rôle important pour l’amitié franco-allemande. Comment faire en sorte que ces échanges s’intensifient encore à l’avenir ?

L’Allemagne compte près de 220 diplômes franco-allemands dont les deux tiers sont délivrés par l’Université franco-allemande (UFA) à Sarrebruck. Près de 8 500 Françaises et Français étudient en Allemagne et 8 790 Allemandes et Allemands en France. Avec 5881 étudiants en 2018, l’Allemagne représentait le premier contingent d’étudiants Erasmus en France, laquelle, pour sa part, était le deuxième pays hôte d’étudiants Erasmus de nationalité allemande. C’est dire combien ces échanges comptent à nos yeux.

Et nous entendons les intensifier encore. L’UFA, qui existe depuis 1997, a pour objectif de renforcer la coopération entre l’Allemagne et la France dans le domaine de l’enseignement supérieur, notamment en favorisant la mobilité. Sa principale mission consiste à créer des cursus d’études menant à des doubles diplômes. En cela, elle favorise les relations et les échanges entre établissements supérieurs allemands et français, les activités binationales et les projets dans les domaines de l’apprentissage, de la formation professionnelle et de la formation continue, de même que la recherche et la formation des jeunes chercheurs. Dans le cadre du traité d’Aix-la-Chapelle, les deux pays se sont engagés à poursuivre cette coopération car les échanges dans les domaines de la recherche et de l’enseignement supérieur sont des secteurs d’avenir décisifs. L’UFA jouera un rôle majeur dans la mise en place d’universités européennes tant il est vrai qu’elle possède une expertise unique en matière de création de doubles diplômes.

Afin que ces relations puissent continuer d’évoluer favorablement, il nous semble particulièrement important de ne pas réserver l’accès à la mobilité aux seuls étudiants. Nos deux pays œuvrent donc d’arrache-pied au renforcement de la mobilité des apprentis.

À cet égard, quel rôle joue l’apprentissage de la langue du partenaire ? Il semblerait en effet que de moins en moins de Français apprennent l’allemand et que de moins en moins d’Allemands apprennent le français...

Le président de la République Emmanuel Macron a eu l’occasion de le souligner le 22 janvier dernier : « Il y a des mots qu’on ne comprend pas, il y a des mots qu’on ne traduit pas, mais chacun de nos pas réduit l’écart de ces intraduisibles […]. Parce que cette part d’incompréhensible nous rapproche. » Ce faisant, il ne parlait pas seulement de la langue, mais aussi de compréhension mutuelle et d’amitié.

Le nombre d’Allemands apprenant le français a en effet reculé. À moyen terme, nous serons également confrontés à une baisse du nombre d’enseignants du français. Les mesures prises en vue du soutien à la langue française sont par conséquent particulièrement importantes. Dans l’enseignement supérieur, on assiste actuellement à une nouvelle dynamique liée aux activités des « Pôles France ». Ces centres, mis en place au sein des universités à l’initiative de scientifiques allemands, de romanistes et de spécialistes de la culture française, offrent un champ thématique très large et des approches multidisciplinaires. Notre objectif commun est le renforcement de ce réseau de contacts personnels et institutionnels avec la France et les établissements d’enseignement supérieur français dans les trois secteurs clés du domaine académique : l’enseignement, la recherche et l’innovation.

Dans le cadre de la mise en œuvre du traité d’Aix-la-Chapelle, il importe de promouvoir et de soutenir le travail de ces « Pôles France » dès lors qu’ils œuvrent au plus près de la population étudiante. C’est la raison pour laquelle nous soutenons le travail de ces centres, de même que les réseaux et les contacts qu’ils entretiennent avec la France.

Enfin, nous apportons notre soutien à toute initiative susceptible de permettre aux enfants de découvrir très tôt la langue française. C’est ce à quoi visent les crèches françaises qui voient le jour dans certains Länder, en Bavière notamment.

Le président Macron a évoqué la création d’universités européennes. En quoi celles-ci sont-elles importantes ?

Le projet d’universités européennes a suscité un grand intérêt et entraîné nombre d’efforts en vue d’un rapprochement entre les établissements supérieurs de France, d’Allemagne et d’autres États membres de l’UE afin de développer des offres d’études communes et des alliances stratégiques dans le domaine universitaire.

En réponse au discours de la Sorbonne du président Macron, le Conseil européen, dans ses conclusions du 14 décembre 2017, a invité les États membres à « renforcer, dans l’ensemble de l’UE, les partenariats stratégiques entre les établissements d’enseignement supérieur et à encourager l’émergence, d’ici 2024, d’une vingtaine “d’universités européennes”, à savoir des réseaux d’universités au niveau de l’UE reposant sur une approche “par le bas”, qui permettront aux étudiants d’obtenir un diplôme en combinant des études dans plusieurs pays de l’UE et qui contribueront à la compétitivité internationale des universités européennes. »

La session d’appel à candidatures du programme Erasmus+ 2019 s’est terminée le 28 février 2019. Une prochaine session pilote devrait avoir lieu début 2020.

Une université européenne consistera en la réunion autour d’une charte Erasmus+ d’un réseau de trois à six établissements d’enseignement supérieur issus d’au moins trois pays différents. Ces établissements agiront autour de partenariats stratégiques étroits entre les membres du réseau.

Il est primordial de créer un espace européen de l’enseignement supérieur et de la recherche, de valoriser l’excellence et la prise en charge des grands défis sociétaux tels que le changement climatique, l’intelligence artificielle ou la sécurité. C’est aux établissements d’enseignement supérieur qu’il revient de porter l’innovation face à tous ces défis. L’objectif est de rapprocher les Européens les uns des autres et d’améliorer la qualité ainsi que la compétitivité de l’enseignement supérieur européen en misant sur des pédagogies innovantes, des diplômes communs, des offres de mobilité et des perspectives communes pensées sur le long terme. Grâce aux universités européennes, nous allons former les Européennes et les Européens de demain et renforcer la compétitivité internationale de l’espace européen. Dans ce cadre, le travail avec les entreprises, les régions et les organismes de recherche jouera également un rôle déterminant.

L’idée européenne est souvent mise à mal actuellement. Quelle est l’importance des élections européennes du mois de mai ?

Elles sont plus importantes que jamais. L’Europe se trouve à la croisée des chemins. Nous avons devant nous de nombreux défis qui exigent une réponse européenne commune. Cela est incontestable. Il n’y a pas d’alternative à l’UE ; la question est donc de savoir comment les États membres entendent faire avancer ensemble leurs objectifs et leur vision de et pour l’Europe. Beaucoup doutent de la capacité de l’UE à apporter des réponses à leurs préoccupations. Pour cette raison, la réforme de l’UE doit profiter en premier lieu aux Européens eux-mêmes. Nous voulons leur montrer que l’Europe les protège, non seulement des menaces sécuritaires, mais aussi des investissements étrangers hostiles. Nous voulons leur garantir un espace de prospérité dans lequel les règles fixées sont justes et contribuent à un développement durable.

Les élections sont, au-delà de ces aspects, l’occasion de rappeler les chances qui nous sont offertes par l’Europe, telles que les universités européennes ou Erasmus+. Enfin, il importe que la participation des citoyennes et des citoyens européens au scrutin soit suffisamment forte pour assurer la légitimité de l’Union européenne.

Qu’est-ce qui pourrait, selon vous, donner un nouvel élan à l’idée européenne ?

L’Union européenne est sous le feu des critiques, il existe de nombreux malentendus. Le Brexit en est une manifestation extrême puisque, pour la première fois depuis la fondation de l’UE, un pays membre décide de la quitter.

Comme le montrent les résultats des élections organisées depuis l’an 2000 dans plusieurs pays membres, le mécontentement est largement répandu. Il faut entendre cette colère, il faut y apporter des réponses, montrer que l’UE est la seule réponse cohérente aux attentes des Européennes et Européens quant à leur protection, leurs libertés et leurs perspectives d’évolution dans un environnement anxiogène et en constante mutation. C’est le sens de la formule du président Macron : « Jamais depuis la Seconde Guerre mondiale, l’Europe n’a été aussi nécessaire. »

Le Brexit nous a montré que l’Europe devait absolument se réformer. Partout en Europe monte une colère à laquelle nous devons réagir. Cela ne peut prendre ni la forme d’une fin de non-recevoir sans projet ni celle d’un statu quo.

Le renouveau de l’idée européenne peut s’articuler autour de trois axes : la défense de nos libertés, la protection de notre continent et la réactivation de l’esprit de progrès. Nos libertés peuvent être défendues grâce à l’adoption de mesures visant à protéger la démocratie et à interdire les propos haineux sur internet. Protéger notre continent passe par une refonte de l’espace Schengen, la conclusion d’un traité européen de défense et de sécurité et la garantie d’une concurrence équitable.

Il importe enfin de redonner tout son sens à l’esprit de progrès en Europe en définissant, par exemple, un « bouclier social » commun et des directives plus contraignantes en matière de climat et de santé ou en redonnant à l’UE sa force d’innovation.

Ensemble, avec l’Allemagne, nous espérons trouver les voies innovantes qui nous permettront d’atteindre ces objectifs ambitieux et de donner au plus vite un nouvel élan à l’Europe. C’est dans le but de susciter un débat à l’échelle européenne sur l’avenir de l’Union, que le président Macron a eu l’idée de s’adresser aux citoyennes et citoyens des 28 États membres dans un courrier traduit dans les 24 langues officielles de l’UE et de leur soumettre ses propositions pour une Europe meilleure.

L’Allemagne et la France sont souvent qualifiées de « moteur de l’Europe ». Comment les deux pays peuvent-ils se montrer à la hauteur de cette tâche ?

C’est avec un élan nouveau que l’Allemagne et la France devront aborder leurs responsabilités au sein de l’Union européenne. N’oublions pas que l’Europe est un projet politique dont l’ambition est de garantir la paix sur notre continent. Il n’a pu voir le jour que par la volonté de réconciliation de nos deux pays au travers du rapprochement de leurs économies et de leurs sociétés. Aujourd’hui, la France et l’Allemagne (en raison du Brexit) sont les États membres au poids économique et démographique le plus important. Sans volonté commune d’avancer, rien ne peut se faire. C’est une réalité constitutive de l’Union européenne. Nos approches sont souvent divergentes, mais s’il n’y a pas l’essence d’un accord entre nous, il devient difficile de faire avancer le navire européen. Cela ne signifie pas pour autant que nous sommes seuls à décider. Il est nécessaire d’amener les autres membres à s’unir autour d’un projet commun et, pour cela, de tenir compte de leurs souhaits.

La responsabilité que portent l’Allemagne et la France repose non seulement sur leur histoire commune, elle est aussi tournée vers le futur. La réconciliation de nos pays a été un signal fort de notre engagement en faveur de la paix et de la démocratie. Notre travail main dans la main doit servir l’intérêt de l’Europe : une Europe souveraine, unie et démocratique.
Nos deux pays n’ont pas toujours les mêmes vues, mais c’est justement en cela que réside la force de notre partenariat : ils suscitent des débats à dimension européenne qu’ils cherchent à résoudre par le compromis.

De plus, le président Macron s’engage très fortement en faveur d’un débat à l’échelle de l’Europe, d’où sa proposition d’introduire des listes européennes pour l’élection du parlement européen. Et c’est ce même objectif que visaient les consultations citoyennes organisées l’an dernier et qui appelaient chaque Européen à s’exprimer sur l’avenir de l’Europe.

La force motrice de l’Europe dépend en effet essentiellement des citoyennes et citoyens qui prennent part au débat européen, soit dans le cadre de ces consultations citoyennes, soit en votant lors des élections européennes en mai prochain.

Vous avez étudié en Allemagne. Quelle influence a eu ce séjour sur la suite de votre parcours ?

En tant que germaniste, cela tombait sous le sens de passer un an dans une université de l’espace germanophone. Plus jeune, j’avais découvert la région du Taunus dans la Hesse. J’avais donc envie de découvrir autre chose. C’est ainsi que j’ai choisi Hambourg. Mon parcours m’a conduit plus tard à l’Université libre de Berlin. C’est donc à cette époque déjà que j’ai appris à connaître la diversité des régions allemandes. Mon séjour de trois ans à Bonn en tant qu’attachée culturelle à l’ambassade de France m’a ouvert la voie vers une carrière diplomatique. La chute du mur que j’ai vécue lors de ce séjour a joué un rôle important dans ma carrière. Les différents séjours que j’ai effectués en Allemagne entre 1980 et 1990 me permettent aujourd’hui de mesurer et d’apprécier l’évolution qu’a connue l’Allemagne depuis. Tous ces séjours jouent, encore aujourd’hui, un rôle particulier dans l’exercice de mes fonctions.

Interview : Janet Schayan (12 avril 2019) — Traduction : Peggy Rolland

Biographie d’Anne-Marie Descôtes

Anne-Marie Descôtes occupe depuis juin 2017 les fonctions d’ambassadrice de France en Allemagne. Pendant ses études de langue et de civilisation allemandes et d’histoire de l’art, elle obtient une bourse du DAAD et séjourne à Berlin. Diplômée de l’ENS et de l’ENA, elle débute sa carrière en tant qu’attachée culturelle à l’ambassade de France à Bonn et collabore dès cette époque régulièrement avec le DAAD. Depuis sa nomination au ministère des Affaires étrangères, elle s’engage en faveur des relations franco-allemandes et d’une coopération accrue entre les deux pays dans le domaine de l’enseignement.


Wir freuen uns, dass Anne-Marie Descôtes, Frankreichs Botschafterin in Deutschland und DAAD-Alumna, exklusiv mit dem DAAD über die Bedeutung der Europawahl im Mai und die Zukunft des europäischen Hochschulaustauschs spricht.

Exzellenz, Deutschland und Frankreich haben Anfang 2019 den „Vertrag von Aachen“ unterzeichnet. Mit welchen Gedanken haben Sie dieses Ereignis begleitet?
Der Vertrag von Aachen ist ein deutsch-französischer Freundschafts- und Kooperationsvertrag. Er ist als Ergänzung des Élysée-Vertrags aus dem Jahr 1963 zu verstehen, der den Grundstein für die deutsch-französische Aussöhnung legte. Nun ist es notwendig, weiter auf eine Annäherung hinzuarbeiten.

Der Aachener Vertrag passt unsere Zusammenarbeit an die Herausforderungen des 21. Jahrhunderts an und stellt sie in den Dienst der Vertiefung der europäischen Integration. Denn er schafft einen offenen Rahmen, um das europäische Projekt zu unterstützen, und nicht, um einen alleinigen Dialog zwischen Paris und Berlin zu führen. Der Aachener Vertrag beruht auf den Prinzipien, die der deutsch-französischen Zusammenarbeit zugrunde liegen, sowie auf sehr konkreten Projekten. Er zeigt, dass unsere beiden Länder gemeinsam die Zukunft gestalten wollen, und wir gehen diese Aufgabe mit großer Begeisterung und Energie an.

Welche neuen Perspektiven eröffnet der Vertrag für beide Länder?
Der Aachener Vertrag hat uns neue Instrumente und neue Instanzen an die Hand gegeben. Zum Beispiel was die Gestaltung der Zusammenarbeit mit den Grenzregionen betrifft oder um die Rolle der Zivilgesellschaft zu stärken. Dies alles betrifft die Ebene der Exekutive. Zusätzlich zu dem Vertrag wurde eine interparlamentarische Vereinbarung zwischen der französischen Nationalversammlung und dem deutschen Bundestag verabschiedet, die eine Deutsch-Französische Parlamentarische Versammlung ins Leben ruft. Das ist wirklich etwas Neues und es zeigt, dass sich die Legislative voll und ganz einbringen möchte.

Das Ziel des Vertrags besteht darin, die Rechtsrahmen, Wirtschaften, Gesellschaften und Zivilgesellschaften unserer beiden Länder einander anzunähern und enger auf europäischer Ebene miteinander zu kooperieren, sodass unsere neue Zusammenarbeit stets im Dienste Europas steht.

Zudem wurde mit dem Aachener Vertrag eine Liste mit 15 konkreten Projekten ausgearbeitet, die so schnell wie möglich umgesetzt werden sollen – beispielsweise grenzüberschreitende Bahnverbindungen. Es geht auch darum, das Erlernen der Sprache des jeweiligen Partners zu unterstützen oder die Anerkennung von Abschlüssen zu fördern.

Schließlich kann diese Neubegründung Europas nicht allein von den Regierungen und Staatschefs auf den Weg gebracht werden, wir brauchen die Unterstützung der europäischen Bevölkerung. Deshalb widmet sich ein sehr bedeutender Teil des Aachener Vertrags der Zivilgesellschaft sowie den Partizipationsmöglichkeiten der Bürgerinnen und Bürger beider Länder.

Der Austausch in Bildung und Forschung spielt seit jeher eine wichtige Rolle für die deutsch-französische Freundschaft. Wie könnte er sich in Zukunft weiter positiv entwickeln?
In Deutschland gibt es fast 220 deutsch-französische Doppeldiplome, zwei Drittel davon an der Deutsch-Französischen Hochschule (DFH) in Saarbrücken. 8.500 Französinnen und Franzosen studieren in Deutschland und 8.790 Deutsche in Frankreich. Überdies war Deutschland 2018 mit 5.881 Studierenden das Herkunftsland Nummer eins von Erasmus-Studierenden in Frankreich. Für Deutschland ist Frankreich das zweitgrößte Gastland für Erasmus-Studierende. Daher liegt uns der Austausch im Bereich Bildung und Forschung sehr am Herzen.

In Zukunft wollen wir diesen Austausch noch weiter stärken. Seit 1997 besteht die DFH, die die Stärkung der Zusammenarbeit zwischen Deutschland und Frankreich im Hochschulbereich zum Ziel hat, hauptsächlich durch die Förderung von Mobilität. Ihre Hauptaufgabe besteht darin, Doppeldiplom-Studiengänge zu schaffen. Sie fördert deshalb die Beziehungen und den Austausch zwischen deutschen und französischen Hochschulen, binationale Aktivitäten und Projekte in Lehre, Erstausbildung und Weiterbildung sowie Forschung und Ausbildung des wissenschaftlichen Nachwuchses. Im Rahmen des Aachener Vertrags haben sich beide Länder dazu verpflichtet, diese Zusammenarbeit fortzuführen, denn die Austausche in den Bereichen Forschung und Hochschule sind entscheidende Zukunftsbereiche. Die DFH wird eine führende Rolle bei der Einrichtung der Europäischen Hochschulen spielen, da sie über eine einzigartige Expertise bei der Schaffung von Doppeldiplomen verfügt.

Damit sich die Beziehungen auch weiterhin positiv entwickeln, ist es besonders wichtig, dass nicht nur Studierende einen Zugang zur Mobilität haben. Aus diesem Grund engagieren sich unsere Länder sehr stark dafür, auch Auszubildenden Mobilität zu ermöglichen.

Wie wichtig ist dabei das gegenseitige Erlernen der Sprache? Man hört immer wieder, dass in Frankreich weniger Deutsch, in Deutschland weniger Französisch gelernt wird als früher …
Staatspräsident Emmanuel Macron hat es bereits am 22. Januar richtig betont: „Es gibt Worte, die man nicht begreift, die man nicht übersetzen kann. Aber jeder unserer Schritte sorgt für ein Stück weniger Unübersetzbarkeit […], denn auch das Unverständliche bringt uns einander näher.“ Es geht nämlich nicht nur um Sprache, sondern auch um die gegenseitige Verständigung und Freundschaft.

Es stimmt, dass die Zahl der Französischlernenden in Deutschland zurückgegangen ist. Mittelfristig sind wir außerdem mit einem Rückgang der Anzahl an Französischlehrern konfrontiert. Daher sind Maßnahmen zur Förderung der französischen Sprache besonders wichtig. Auf Hochschulebene zeigt sich momentan eine neue Dynamik mit den Aktivitäten der „Pôles France“ („Frankreichzentren“). Diese Einrichtungen entstehen auf Initiative deutscher Wissenschaftlerinnen und Wissenschaftler, von Romanistinnen und Romanisten sowie französischen Kulturwissenschaftlerinnen und -wissenschaftlern direkt an den Hochschulen. Die Themen sind breit gefächert und multidisziplinär. Das gemeinsame Ziel besteht darin, das Netzwerk der vielfältigen persönlichen und institutionellen Kontakte mit Frankreich und den französischsprachigen Hochschulen in den drei Säulen der Hochschultätigkeit zu beleben: Lehre, Forschung und Innovation.

Im Zusammenhang mit der Umsetzung des Aachener Vertrags ist es wichtig, die Aktivitäten dieser „Pôles France“ zu fördern und zu unterstützen, da sie sehr nah an den Studierenden sind. Wir unterstützen die Zentren bei ihrer Arbeit, bei der Vernetzung untereinander und bei ihren Kontakten zu Frankreich.

Schließlich fördern wir auch Initiativen, die es Kindern ermöglichen, früh die französische Sprache zu entdecken. Genau darin besteht beispielsweise das Ziel der französischen Kitas, die in einigen Bundesländern, zum Beispiel in Bayern, angeboten werden.

Präsident Macron hat die Idee der Europäischen Universitäten aufgebracht. Warum sind diese Einrichtungen wichtig?
Das Projekt der Europäischen Hochschulen hat großes Interesse und Bemühungen ausgelöst, um die Hochschulen Frankreichs, Deutschlands und anderer EU-Mitgliedsstaaten einander näherzubringen sowie gemeinsame Studienangebote und strategische Hochschulallianzen hervorzubringen.

In Antwort auf die Sorbonne-Rede von Präsident Macron forderte der Europäische Rat am 14. Dezember 2017 die „Stärkung strategischer Partnerschaften zwischen Hochschuleinrichtungen in der gesamten EU und die Förderung der Herausbildung von etwa zwanzig Europäischen Hochschulen bis 2024, bestehend aus nach dem Bottom-up-Prinzip errichteten Hochschulnetzwerken in der gesamten EU, die es Studierenden ermöglichen, durch eine Kombination von Studien in mehreren EU-Ländern einen Studienabschluss zu erwerben, und somit zur internationalen Wettbewerbsfähigkeit der Europäischen Hochschulen beitragen“.

Die Antragsfrist des Erasmus+ Programmaufrufs 2019 endete am 28. Februar 2019. Die nächste Pilotausschreibung wird für das Frühjahr 2020 erwartet.

Eine Europäische Hochschule wird ein Netzwerk von drei bis sechs Hochschulen aus mindestens drei Ländern mit einer Erasmus+ Charta formen, die in engen und strategischen Partnerschaften zwischen den Mitgliedern des Netzwerks agieren.

Besonders wichtig ist die Verwirklichung eines Europäischen Hochschul- und Forschungsraums, die Stärkung von Exzellenz und die Bewältigung großer gesellschaftlicher Herausforderungen wie Klimawandel, Künstlicher Intelligenz oder Sicherheit. Es ist Aufgabe der Hochschulen, als Innovationsträger zu diesen Herausforderungen beizutragen. Ziel ist es, die Europäer einander näherzubringen und die Qualität sowie Wettbewerbsfähigkeit der europäischen Hochschulbildung zu verbessern – mit innovativer Pädagogik, gemeinsamen Diplomen, Mobilitätsangeboten und einer langfristigen gemeinsamen Perspektive. Mithilfe von Europäischen Hochschulen können wir die Europäerinnen und Europäer von morgen ausbilden und die internationale Wettbewerbsfähigkeit des europäischen Raums steigern. Auch die Zusammenarbeit mit Unternehmen, Regionen und Forschungseinrichtungen ist dabei ausschlaggebend.

In diesen Tagen hat es die europäische Idee nicht immer leicht. Wie wichtig ist die Europawahl im Mai?
Wichtiger denn je. Europa steht an einem Scheideweg. Es ist unbestreitbar, dass wir zahlreiche Herausforderungen überwinden müssen, die eine gemeinsame europäische Antwort erfordern. Zur EU gibt es keine Alternative, daher geht es darum, wie die Mitgliedsstaaten ihre Ziele und Visionen für Europa gemeinsam voranbringen können. Viele Menschen zweifeln an der Fähigkeit der EU, Antworten auf ihre Sorgen zu geben. Deshalb muss die Reform der EU zuerst den Menschen zugutekommen. Wir wollen ihnen zeigen, dass Europa sie schützt, sowohl vor Sicherheitsbedrohungen als auch vor feindlichen ausländischen Investitionen, und ihnen einen Raum des Wohlstands garantiert, in dem die Regeln fair und förderlich für eine nachhaltige Entwicklung sind.

Die Wahl ist darüber hinaus eine Gelegenheit, daran zu erinnern, welche Möglichkeiten Europa für uns bereithält – wie die Europäischen Hochschulen oder Erasmus+. Schließlich ist es auch wichtig, für eine hohe Wahlbeteiligung der europäischen Bürgerinnen und Bürger zu sorgen, um die Legitimität der EU zu gewährleisten.

Was könnte aus Ihrer Sicht der europäischen Idee frische Impulse geben?
Die Europäische Union erhält heftige Kritik, es gibt zahlreiche Missverständnisse – der Brexit ist die extremste Form davon, da zum ersten Mal seit ihrer Gründung ein Land aus der EU austritt.

Wie die Wahlen in mehreren Mitgliedsstaaten seit 2000 zeigen, ist Unzufriedenheit jedoch weit verbreitet. Diese Wut muss gehört und beantwortet werden, indem gezeigt wird, dass die EU die einzige kohärente Antwort auf die Erwartungen der Menschen an Schutz, Freiheit und Zukunftsentwicklung in einem sich verändernden und besorgniserregenden Umfeld ist. Präsident Macron hat es bereits formuliert: „Noch nie seit dem Zweiten Weltkrieg war Europa so wichtig.“

Der Brexit hat uns gezeigt, dass Europa sich reformieren muss. Überall in Europa wächst eine Wut, auf die wir reagieren müssen, was weder eine Ablehnung ohne Projekt noch der Status quo sein kann.

Das Wiederaufleben der europäischen Idee kann um drei Achsen gestaltet werden: die Verteidigung unserer Freiheit, den Schutz unseres Kontinents und den Geist des Fortschritts, den wir wieder lebendig machen müssen. Unsere Freiheit kann durch Maßnahmen zum Schutz der Demokratie und das Verbannen von Hass aus dem Internet verteidigt werden. Zum Schutz unseres Kontinents müssen wir den Schengen-Raum überdenken, einen Europäischen Verteidigungs- und Sicherheitsvertrag schließen und fairen Wettbewerb gewährleisten.

Schließlich sollten wir den Geist des Fortschritts in Europa wiederbeleben: etwa durch die Einrichtung eines gemeinsamen „sozialen Schutzschilds“, weitreichendere Verpflichtungen für Klima und Gesundheit und die Wiedererlangung der Innovationskraft in der EU.

Um diese ehrgeizigen Ziele zu erreichen, hoffen wir, gemeinsam mit Deutschland innovative Wege zu finden, um diese Impulse für Europa so bald wie möglich umzusetzen. Um eine europaweite Debatte zur Zukunft der EU anzuregen, hatte Präsident Macron die Idee, sich an die Bürgerinnen und Bürger der 28 Mitgliedsstaaten in den 24 offiziellen Sprachen der EU zu wenden und sie um ihre Vorschläge für ein besseres Europa zu bitten.

Deutschland und Frankreich werden immer wieder als „Motor Europas“ bezeichnet. Wie können die Länder dieser Rolle heute am besten gerecht werden?
Deutschland und Frankreich sollten mit neuem Elan wieder Verantwortung innerhalb der EU übernehmen. Man darf nicht vergessen, dass Europa ein ehrgeiziges politisches Friedensprojekt für den Kontinent ist. Es konnte nur aus dem Willen Frankreichs und Deutschlands entstehen, sich zu versöhnen, indem sie ihre Wirtschaft und Gesellschaft einander näherbrachten. Heute sind Frankreich und Deutschland (aufgrund des Brexits) die beiden Mitgliedsstaaten mit dem größten wirtschaftlichen und demografischen Gewicht. Ohne den gemeinsamen Willen voranzukommen, kann also nichts getan werden, es ist eine konstitutive Realität der Europäischen Union. Unsere Ansätze sind oft unterschiedlich, und wenn es keine Ansätze einer Einigung zwischen uns gibt, ist es schwierig, das gesamte Haus Europa voranzubringen. Aber das bedeutet nicht, dass wir alleine entscheiden. Andere müssen um das gemeinsame Projekt herum zusammengeführt werden, wobei ihre Wünsche zu berücksichtigen sind.

Diese Verantwortung Deutschlands und Frankreichs ist sowohl historisch motiviert als auch zukunftsorientiert ausgerichtet. Die Aussöhnung unserer beiden Länder war ein starkes Zeichen für unser Engagement für Frieden und Demokratie. Und die Zusammenarbeit dient dem Wohle Europas: einem souveränen, geeinten sowie demokratischen Europa.

Beide Länder vertreten nicht immer die gleichen Ansichten, aber genau darin besteht die Kraft unserer Zusammenarbeit: Sie beide fördern europäische Debatten und suchen nach Kompromissen.

Außerdem engagiert sich Präsident Macron sehr stark für die Förderung einer Debatte auf europäischer Ebene, zum Beispiel durch seinen Vorschlag, europäische Wahllisten für die Europawahl einzuführen. Darin bestand auch das Ziel der Bürgerdialoge, die letztes Jahr geführt wurden und die alle Europäer dazu aufriefen, sich zur Zukunft Europas zu äußern.

Aber die Triebkraft Europas hängt wesentlich auch von den Bürgerinnen und Bürgern ab, die sich an der europäischen Debatte beteiligen – im Rahmen der europäischen Bürgerdialoge oder durch die Teilnahme an der Europawahl im Mai.

Sie selbst haben in Deutschland studiert. Wie wichtig war dieser Aufenthalt im Ausland für Ihren weiteren Werdegang?
Als Germanistin war es selbstverständlich, dass ich einen einjährigen Aufenthalt an einer Universität im deutschsprachigen Raum absolvieren sollte. Ich hatte schon als Schülerin den Taunus in Hessen kennengelernt. Also wollte ich etwas anderes entdecken. So wählte ich Hamburg. Später führte mich mein Weg noch an die Freie Universität Berlin. Somit hatte ich schon einen Einblick in sehr verschiedene Regionen Deutschlands. Mein dreijähriger Aufenthalt in Bonn als Kulturattachée an der französischen Botschaft öffnete mir den Weg zur Diplomatie. Der Fall der Mauer, den ich während dieser Zeit direkt miterleben durfte, hat dabei eine große Rolle gespielt. Diese verschiedenen Aufenthalte zwischen 1980 und 1990 erlauben mir heute, die Entwicklung in Deutschland besser wahrzunehmen und einzuschätzen. Insofern waren die Aufenthalte für mein heutiges Amt von besonderer Bedeutung.

Interview: Janet Schayan (12. April 2019)

Vita Anne-Marie Descôtes

Anne-Marie Descôtes ist seit Juni 2017 Botschafterin Frankreichs in Deutschland. Sie studierte Germanistik und Kunstgeschichte, unter anderem mit einem DAAD-Stipendium in Berlin, und absolvierte die École normale supérieure und die École nationale d’administration. Anschließend war sie als Kulturattachée in Bonn tätig und arbeitete in dieser Zeit bereits eng mit dem DAAD zusammen. Auch nach ihrer Berufung ins französische Außenministerium setzte sie sich für die deutsch-französischen Beziehungen und für die Zusammenarbeit beider Länder in der Bildung ein.